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L’Angleterre a vu en 2000 la naissance d’un label fort intéressant: Scribendum.

Ayant démarré avec la réédition de licences EMI, par exemple les intégrales symphoniques de Brahms par Boult et Barbirolli et les Beethoven de Cluytens (ce qui concerne peu la France, EMI-France ayant rendue disponible celle-ci dans un coffret de 5 CD pour le prix d’un), Scribendum, depuis quelques mois, change son fusil d’épaule.

On voit de plus en plus souvent sur les programmes de rééditions le retour de grands enregistrements du catalogue Mélodiya. Ce dernier a le plus pâti de l’époque de capitalisme sauvage initiée dans les pays de l’Est après la chute du mur. Après une période initiale d’anarchie, les rééditions Mélodiya avait été limitées, mais encadrées, dans le cadre d’un contrat avec BMG. Ce contrat n’a plus court depuis deux ou trois ans, ce qui a eu pour effet la suppression du catalogue de tous les enregistrements russes, même les plus essentiels (Mravinski, Svetlanov, Kondrachine).

Aujourd’hui, plusieurs labels, tel Regis ou, justement, Scribendum donnent à nouveau l’accès à ces enregistrements. Un document très important a ainsi été remis sur le marché par Scribendum: l’intégrale des Symphonies de Tchaïkovski par Svetlanov (6 CD, SC 024, note 9/6). Parmi les CD isolés, ne manquez pas la stupéfiante et légendaire 7e Symphonie de Chostakovitch par Svetlanov en 1968 (SC 025, note 10/7). Pour aficionados du chef russe, le label ajoute un concert de la même œuvre, capté en 1978. L’orchestre ne joue pas toujours juste et les bruits de salle sont très perceptibles, mais la fièvre y est (SC 027, 8/6).

Plus récemment, Scribendum a même réédité, par Svetlanov, la 2e Symphonie d’Elgar et la 9e de Dvorak. La 2e Symphonie d’Elgar (avec des Sea Pictures en russe par Larissa Avdeieva) est, disons, un enregistrement un peu étrange, dont on ne saisit pas toujours, à force d’arêtes, de brusqueries et d’approximations orchestrales le rapport avec la partition qu’Elgar composa entre 1909 et 1911. Cela dit, dans son genre à part, cet enregistrement de 1977 est devenu une sorte de légende (SC 032, note 3/6). La Symphonie du Nouveau Monde n’est pas non plus un essentiel de la discographie. On l’attendait d’ailleurs plus mordante et, surtout, plus en place (c’est un concert capté de manière un peu sèche en 1981). Plus intéressant: le couplage avec un enregistrement cru du Sacre du Printemps (1966), une rareté du catalogue Svetlanov et, surtout, avec les 3 minutes délirantes de la Fonderie d’acier de Mossolov. Le Sacre n’est pas consanguin à l’orchestre et la prise de son acide manque de graves et de dynamique (SC 030, note 6/4). Parmi les autres CD d’origine Mélodiya de Scribendum, signalons des enregistrement Bach de Tatiana Nikolaïeva et d’autres documents marginaux Svetlanov (8e de Bruckner, 3e et 5e de Beethoven, Symphonies de Brahms, Respighi). Allez voir à l’adresse http://www.silveroakmusic.com/silveroak.html

Autre axe chez Scribendum: la publication d’enregistrements de la Guilde du disque (appelée en Angleterre «The Concert Hall Recordings»). Quatre coffrets ont été édités, consacrés à Charles Munch (4 CD SC 012) , Igor Markevitch (3 CD SC 014), Pierre Monteux (4 CD SC 013) et Carl Schuricht (10 CD SC 011).
Carl Schuricht a droit à 10 CD, allant des Brandebourgeois de Bach à la 7e de Bruckner. On trouve dans ce coffret des gravures fameuses, comme la 3e Symphonie de Schumann, le Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn ou la 4e Symphonie de Brahms, jadis édités par Adès. Evidemment on y redécouvre le Schuricht limpide et énergique qu’on aime, mais les prestations orchestrales (L’Orchestre de la Résidence de La Haye dans la 7e de Bruckner !) sont souvent moyennes. Un coffret d’approfondissement (note 6/6).
Igor Markevitch est représenté par un coffret passionnant aux deux tiers dans une discographie finalement bien rééditée (on ne manquera pas l’hallucinant coffret Deutsche Grammophon de la série Original Masters). Marginaux: une Symphonie italienne de Mendelssohn et des ouvertures de Schubert avec l’Orchestre philharmonique du Japon et une Ouverture 1812 de Tchaïkovski par l’Orchestre de Monte-Carlo. La boîte vaut, par contre, pour les précieux enregistrements consacrés au répertoire français, avec, notamment les Biches de Poulenc, le Fâcheux d’Auric, le Train Bleu de Milhaud et Jack in the box de Satie (note 8/7).
Pierre Monteux a vu ses enregistrements avec l’Orchestre du NDR de Hambourg (1960-1964) réédités par Fnac Music il y a quelques années. C’est un complément à la discographie d’un chef qui a eu l’honneur de graver les Symphonies n° 2 et 4 de Beethoven ou la Symphonie fantastique avec des orchestres plus glorieux (note 6/7).
Charles Munch est, lui, représenté par un coffret majeur et prioritaire, à l’exception de la Symphonie Pastorale avec l’Orchestre de Rotterdam. Mais tant la Symphonie de Franck, avec le même orchestre, que la Mer et Iberia de Debussy ou les enregistrements Bizet et le récital russe à l’ORTF sont assez rares et importants dans la discographie du chef alsacien (note 9/7).

Voici des rééditions que l’on salue avec respect. Gageons que Scribendum ne tardera pas à être régulièrement disponible, en France comme au Canada.

Christophe Huss

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