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Dans cette section du site, essentiellement destinée aux néophytes et abordant par thèmes la discographie de manière synthétique, nous désirons fournir à tous un guide simple et pragmatique pour constituer ou enrichir une discothèque. La première de ces synthèses est consacrée à Gustav Mahler.

Gros plan sur Gustav Mahler
Intégrales, Symphonies: n°1, n°2, n°3, n°4, n°5, n°6, n°7, n°8, n°9, n°10, Le chant de la terre, Des Knaben Wunderhorn, Das Klagende Lied, Lieder.

Gustav MahlerPlus que nul autre, peut-être, Gustav Mahler a profité de l’avènement du disque compact en 1982. Ignorée pendant cinquante ans après la mort du compositeur (si l’on excepte les quelques enregistrements de Bruno Walter -HMV et Decca-, Otto Klemperer -Vox- et Charles Adler), sa musique a suscité à nouveau un intérêt dans les années 60, concrétisé par la réalisation de cinq intégrales: Bernstein (CBS, maintenant Sony), Kubelik (DG), Haitink (Philips), Solti (Decca) et Abravanel (Vanguard, dont les enregistrements reparaissent pour l’heure sous l’impulsion du label américain Artemis). C’est au tournant des années 80 qu’une autre génération d’interprètes s’est intéressée à Mahler. Celui-ci est devenu dans un premier temps une sorte de promoteur de la technologie numérique (on se souvient de l&Mac226;aura technique de la 4e Symphonie par Eliahu Inbal enregistrée à Francfort avec une seule paire de micros). Quatre chefs ont été les premiers à donner aux mélomanes leur Mahler en numérique: Klaus Tennstedt (EMI, même si la 1re Symphonie est analogique), Lorin Maazel (CBS-Sony), Vaclav Neumann (Supraphon) et Eliahu Inbal (Denon). Puis ce fut l’explosion: en quinze ans, DG, seul, a réalisé trois intégrales (Bernstein, Abbado, Sinopoli) et certaines intégrales furent si éphémères (De Waart chez RCA, Segerstam chez Chandos, Bertini chez EMI, Svetlanov chez Saison russe, Tabakov chez Capriccio, Ozawa chez Philips) que l’on ne se rappelle presque déjà plus de leur existence. A cela s’ajoutent quelques perles isolées du passé (Klemperer, Barbirolli, Neumann, Ancerl, Giulini...), des réenregistrements (Haitink, Solti), les presqu’intégrales (Kondrachine, Levine, Rattle, Yoel Levi, Gielen) et des gravures isolées récentes. Que choisir face à cette pléthore?

Intégrales. Si vous désirez une intégrale constituée, le choix évident est Bernstein: plus égal dans ses premiers enregistrements chez Sony mais plus fulgurant dans ses réussites (symphonies impaires notamment) chez DG. L’alternative la plus «nourrissante» est à mon sens Kubelik (DG), assez mésestimé en général mais qui réserve de grands chocs... la 7e par exemple. Le coffret Haitink est également une valeur sûre (sa 2e Symphonie reste une référence) et l’intégrale Inbal, rééditée par Brilliant Classics, a certes perdu de son aura mais présente un excellent rapport qualité/prix. Si vous êtes un «spécialiste» essayez de trouver un petit coffret publié par Philips Hollande de concerts, les Kerstmatinees, que Haitink donnait à Amsterdam le 25 décembre chaque année. Ce n’est pas une intégrale (manquent la 6e et la 8e), mais c’est bouleversant. Egalement pour «happy few» l’intégrale publiée par le Philharmonique de New York (uniquement sur www.newyorkphilharmonic.org), avec, dans l’ordre des symphonies, Barbirolli, Mehta, Boulez, Solti, Tennstedt, Mitropoulos, Kubelik, Stokowski et Barbirolli.

En disques isolés.
Si vous voulez procéder pas à pas, voici quelques indications.

Symphonie n°1. Ancerl (Supraphon), Walter mono ou stéréo (Sony). J’ai un grand faible pour la première version Solti (Decca Legends), absolument fulgurante. Excellent enregistrement de Bernstein chez DG également. A souhaiter: que quelqu’un (Tahra?) édite le dernier concert de Kirill Kondrachine, avec l’Orchestre du NDR de Hambourg, la veille de sa mort.

Symphonie n°2. Zubin Mehta (Decca) est l’indiscutable meilleur choix: en un seul disque à prix moyen dans une prise de son exceptionnelle que demander de mieux? Meilleure alternative: Gielen (Haenssler), Haitink étant également un grand interprète de cette oeuvre.

Symphonie n°3. Dans l’absolu Bernstein (DG) domine le lot. Mais il existe trois visions alternatives, Boulez (DG), Gielen (Haenssler) et Kubelik en concert (Audite), également captivantes.

Symphonie n°4. Sujet délicat. Dans l’absolu, selon ma sensibilité, seuls deux chefs, van Beinum (Decca à rééditer) et Walter (CBS-Sony) ont vraiment pleinement capté l’esprit du premier mouvement de cette oeuvre qui compte bon nombre de réussites méconnues comme Abravanel, la première version Solti, la première Haitink, Kondrachine, Neumann. Parmi les versions modernes j’ai été très impressionné par le seul bon volet de la presqu’intégrale Levi-Atlanta (Telarc).

Symphonie n°5. La première version Neumann à Leipzig (Berlin Classics, Brilliant) est phénoménale. La première gravure Solti également, s’il n’était un Adagietto trop langoureux. Parmi les modernes, deux disques tétanisants: Chailly (Decca) et l’inattendu et éphémère Gatti (RCA). Kubelik et Haitink sont également des valeurs sûres dans cette oeuvre. Bernstein DG apparaît aujourd’hui un rien maniéré.

Symphonie n°6. La bouleversante version Barbirolli (EMI) est une référence solide. Haitink a toujours brillé dans cette oeuvre, contrairement à Kubelik. Versions de compléments à connaître: le très expressionniste concert Bernstein (DG) et l’enregistrement de Thomas Sanderling à Saint-Pétersbourg (RS).

Symphonie n°7. Kubelik (DG) si vous le trouvez isolément. Mais aussi deux concerts immenses: Kubelik (Audite) et Kondrachine (Tahra). Face à cela seuls Bernstein-DG et les divers enregistrements Haitink tiennent le coup.

Symphonie n°8. Gielen chez Sony ou Haenssler. Autres choix: Chailly (Decca) et Solti (Decca).

Symphonie n°9. Vaste choix, mais Klemperer (EMI) est incontournable. Avec lui, Sanderling (Berlin Classics) et Barbirolli (EMI) et une cohorte de versions, dont au moins quatre exceptionnelles chez Deutsche Grammophon: Giulini, Karajan en concert, Boulez et Abbado 1999.

Symphonie n°10. Rattle-Berlin (EMI) et Sanderling (Berlin Classics). Pour l’Adagio, de nombreux choix -Bernstein, par exemple.

Le Chant de la Terre. Très clair partage du sommet entre Klemperer (EMI) et le concert de Kubelik (Audite).

Des Knaben Wunderhorn. Même situation, mais avec Chailly (Decca) et Bernstein (Sony).

Lieder. A connaître absolument: le CD Fischer Dieskau chez EMI «Great Recordings» et les enregistrements, EMI également, de Christa Ludwig.

Das Klagende Lied. Tilson Thomas (RCA).

Christophe Huss


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